Le miracle des 35 heures…
Putain de réveil… Allez comprendre, vous. Dans le privé, je tournais facilement entre 40 et 50 heures à la semaine, je me levais à 5h30 pour être sur place à 7h30. Et avec les croissants, s’il vous plait. De quoi vous casser le cul. Et là, me lever à 7h00 me parait impossible. Entendre sonner le réveil, rien que ça, vous pousse presque au suicide.
Une première journée, ce n’est jamais facile. Un peu comme si, un flingue sur la tempe, vous tentiez le sort. On ne connait pas ses collègues, on ne connait pas les projets en cours et on ignore tous des traditions, des coutumes. Car chaque boulot, chaque entreprise, possède des traditions qui lui sont propres. L’heure du café, l’heure du déjeuner, l’heure du gouter, ça on en parle pas pendant l’entretien. Alors on reste là, plongé dans l’incertitude, les couilles au cul et les mains tremblotantes.
Arrivée à 9h00, donc, la tête dans le cul, forcément. Présentation à l’ensemble de l’équipe. Premier constat, deux mecs pour dix filles. Pas mal. D’autant plus que, côté concurrence, je suis tranquille. Il m’a suffit d’une poignée de main pour savoir que mon adversaire tient plus de l’huitre que du singe. Aphasique comme je n’ai jamais vu. Avec un petit je ne sais quoi au fond des yeux. Malaise, aussi, il me semble discerner une fragile érection lorsque nos paumes s’effleurent. Vilain Davy. Nous l’appellerons comme ça.
Grand sourire de pute de la part de la Chieftaine, elle commence par m’annoncer ce qui m’attend. Concentré, serein, je dresse donc une liste mentale de ce qu’il me faut faire. Le briefing du matin terminé, direction mon bureau. La première impression, comme me disait ma mère, est toujours la bonne. Je me dois donc de faire de mon mieux, histoire de pouvoir être plus tranquille par la suite. Suer un bon coup, juste un.
“C’est l’heure du café”. Machinalement, je regarde ma montre. 10h. Pas mal, on voit les fonctionnaires. Je reste diplomate et j’indique à la Cheftaine que, vu mon boulot, il est préférable que je refuse. Juste histoire de lui plaire. Une tactique que je conseille d’ailleurs à tous les fonctionnaires frais qui débarquent. Là, surpris, je l’entend me dire que je ne dois pas m’inquiéter, que le travail qu’elle m’a confié, c’était le travail de la semaine.
Merde… De la semaine ?
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J’ai connu ça… mais dans le privé ! La boîte la plus riche de France en plus (qui a dit la plus polluante ???).
J’ai pas tenu longtemps au final, je suis pas fait pour ça…
Mouais, le privé c’est pas forcément mieux, mais au moins on sait pourquoi on écrase ses collègues. On peut se faire plus de fric et gagner plus de responsabilités. Alors que dans la fonction publique, à part devenir soi-même un petit chefaillon ventru, je ne vois pas trop l’intérêt.
A croire, finalement, que la médiocrité est le propre de l’homme. Et de la femme, aussi, parce que la parité c’est important.